Interview avec le Dr Sébastian Spencer, Directeur médical des Cliniques de l’Europe
Mieux communiquer pour mieux soigner

De l’urgence au pilotage médical
Médecin urgentiste de formation, le Dr Sébastian Spencer a longtemps exercé dans des contextes où chaque minute compte. Aujourd’hui Directeur médical des Cliniques de l’Europe, il s’appuie sur cette expérience du terrain pour penser l’organisation des soins et la collaboration entre professionnels.
« Mon travail comme directeur médical, c’est de veiller à ce que la prise en charge des patients soit qualitative », explique-t-il. Une mission qui dépasse largement les seuls actes médicaux et qui englobe l’ensemble des échanges entre prestataires de soins.
Au cœur du soin, la qualité des échanges face au défi du temps
Pour le Dr Spencer, « une partie importante de la qualité de la médecine que l’on peut offrir dépend de la qualité de la communication entre les différents prestataires de soins, les médecins évidemment, mais pas uniquement les médecins ». Généralistes, spécialistes, soignants non médicaux : tous contribuent au parcours du patient, et lorsque l’information circule de manière claire et structurée, les décisions sont plus justes et la coordination plus fluide. Son expérience aux urgences lui a permis de mesurer concrètement l’impact de ces échanges sur la qualité des soins.
Mais cette exigence se heurte à une réalité incontournable : le temps. « Il y a 24 heures dans une journée, sept jours dans une semaine. On voudrait que tout le monde soit disponible tout le temps, mais ce n’est pas possible. » Dans ce contexte, la communication asynchrone apparaît comme une réponse adaptée. Envoyer un message, laisser à l’autre le temps de le lire, de réfléchir et de répondre avec un avis construit transforme en profondeur la qualité des échanges.
Des échanges plus sereins, au-delà des appels
Le Dr Spencer souligne les limites des appels téléphoniques : « On sort du stress induit par l’exigence d’une communication directe. » Les échanges asynchrones permettent ainsi de répondre entre deux consultations, interventions ou en fin de journée, sans interruption.
Avec le temps, ces outils montrent aussi leur flexibilité : « Année après année, on se rend compte que la plateforme facilite différents modes d’échanges, s’adaptant aux besoins de chacun et fluidifiant la communication. »

La confiance passe par la sécurité des données
La sécurité des données médicales est aujourd’hui un sujet central pour les médecins. « Les médecins sont toujours un peu inquiets du caractère GDPR des outils de communication que l’on utilise », souligne le Dr Spencer.
Il rappelle que par le passé, certaines plateformes ne répondaient pas à des critères suffisamment stricts en matière de protection des données. Dans ce contexte, l’utilisation d’une solution dédiée au secteur médical comme Doctolib Connect apporte un cadre clair et sécurisé : « Le fait d’avoir une plateforme pensée pour le médical, c’est rassurant », explique-t-il.
En garantissant la confidentialité des échanges et le respect des exigences réglementaires, ce type d’outil contribue à renforcer la confiance des professionnels et à sécuriser la communication autour des patients.
Avancer ensemble face au changement
Pour les établissements qui hésitent encore à adopter des outils numériques de communication, le Dr Spencer recommande de s’appuyer sur l’expérience des autres. « Le conseil serait de prendre contact avec un homologue dans un hôpital de taille similaire qui a déjà franchi le pas, et d’avoir une conversation sur le bénéfice ressenti et les étapes de l’implémentation. »
Il souligne aussi l’importance de la solidarité entre institutions. « Entre directeurs d’hôpitaux, on est assez disponibles les uns pour les autres. »

Vers une communication médicale plus cohérente
Sa vision pour les années à venir est celle d’une plus grande cohérence à l’échelle régionale. « Les généralistes n’ont pas envie d’être sur de multiples plateformes. Ils veulent être sur une seule plateforme et, à partir de là, être membres de différents réseaux. »
L’objectif est de faciliter les demandes d’avis, les consultations urgentes et les échanges avec les spécialistes, tout en respectant le rythme de chacun. « Les spécialistes bénéficient du fait qu’ils répondent quand ça les arrange, entre deux opérations ou après leur journée de travail. »
S’engager avec des partenaires de confiance
Enfin, le Dr Spencer insiste sur l’importance du choix des partenaires technologiques. « On veut s’engager avec un partenaire qui va continuer à se challenger, à répondre aux critères européens et à s’adapter au contexte légal du pays. »
Dans un environnement soumis à des exigences croissantes en matière de cybersécurité et de réglementation, cette capacité d’évolution est essentielle. « Mieux communiquer entre nous, tout en préservant la confidentialité des données des patients, est devenu absolument crucial. »